Janaina Tschäpe: Halbschatten

28.06—02.09, 2018

  Wasserspiegel , 2017, Casein and colored pencil on canvas, 77 x 57 in (195 x 145 cm)

Wasserspiegel, 2017, Casein and colored pencil on canvas, 77 x 57 in (195 x 145 cm)

~FR~

Halbschatten (Pénombre) réunit des oeuvres sur toile et papier de Janaina Tschäpe où dialoguent la lumière et l’obscurité selon deux approches de la peinture.

Dans la continuité de ses précédents travaux (Morning Light, Wasserspiegel, Juju in The Swamp), c’est d’une expérience de la nature qu’advient la peinture de l’artiste qui se répand pour exprimer des paysages atmosphériques. Explorant les sensations de sa propre mémoire, Janaina Tschäpe matérialise les souvenirs d'une nature éprouvée et l’émotion de leur traduction par le geste.

Se développe alors une peinture gestuelle monumentale selon les passages successifs de la caséine sur la toile où naissent de luxuriantes et délicates formes au crayon. Les couches qui se superposent créent des unités transparentes au sein desquelles s’infiltre le dessin et laissent entrevoir de micro-évènements, des flux d’émotions et les temporalités de l’exercice de la mémoire. Dans un même temps, un environnement unifié nait de l’interaction des formes et une scène a lieu. Alors, c’est l’expérience de la lumière qui est offerte au regard, celle qui inonde une matinée comme celle que l’on décèle dans l’obscurité, celle qui se réfracte, se propage et se donne toute entière. Et, de ces effets grandissent des impressions de légèreté comme de pesanteur ou encore d’humidité.

Les récentes oeuvres de Janaina Tschäpe (White Light V, Study I, Study II) marquent une évolution de sa pratique vers une approche plus conceptuelle où elle commence à s’intéresser à la peinture blanche. Les techniques employées jusque là sont inversées, le dessin est désormais réalisé en premier et la peinture est appliquée par dessus la forme naissante au crayon. Devenant agent activateur, la peinture se charge alors de la couleur qu’elle étale pour la révéler différemment sur  la toile ou le papier. L’action est menée dans la poursuite de l’idée de peindre en blanc et, au delà de la lumière qui s’en dégage, celle-ci rejoint peut être les précédents travaux de l’artiste à travers la volonté d’une peinture en tant qu’évènement.